Les
étudiants de 1ère et 2ème années ont tous les deux ans une
session tournée sur l'environnement. Afin d'y être sensibilisés,
ils participent à trois jours « intra-muros »
théoriques, puis continuent par trois jours « extra-muros »
d'observation . Nous avons accompagné les étudiants à cette
seconde partie de l'étude.
Les professeurs responsables de cette
session étaient M. Bearivelo (histoire-géo), Mme Monique (français)
et M. Pierre (SVT). Autant vous dire qu'ils n'ont pas ménagé leurs
étudiants (et nous non plus!). N'ayez crainte, nous ne parlons pas
ici de mauvais traitements qu'ils nous auraient fait subir, c'est
simplement que le rythme de la session était ultra-soutenu. Récit
d'une épopée riche, mais épuisante.
Départ jeudi vers 6h de Tana. Nous
sommes en tout une petite centaine répartie dans cinq taxis-brousse.
Notre première étape est la ville de Mantasoa, et en route premier
couac : les freins de la voiture n°5 (celle d'Alice) lâchent...
Ni une, ni deux, les chauffeurs se mettent à réparer tout ça en
1h30. En attendant, tout le monde se trémousse sur des danses
malgaches, et même bretonnes !
Nous arrivons à Mantasoa, repère des
partisans de Jean Laborde puisque c'est là qu'il vécut. Comment ça,
vous ne connaissez pas Jean Laborde ?! (oui bon, nous non plus
on ne le connaissait pas, mais cette lacune est dorénavant comblée)
Jean Laborde était un Français désirant rejoindre l'Inde en 1841.
Il fit naufrage et se réfugia à Mantasoa. La reine Ranavalona Ière
s'en est amourachée, et peut-être ont-ils même eu un enfant
ensemble (l'histoire raconte que la reine certifia que l'enfant était
celui du roi, mort deux ans plus tôt...). Laborde est
particulièrement célèbre ici car c'est lui qui a introduit à
Madagascar l'art de la forge. Après s'être recueillis sur son
tombeau, nous repartons et là deuxième couac : la voiture n°1
tombe en panne.
Alors on danse:
Maison de Jean Laborde:
Ce n'est qu'à 19h que nous arrivons à
Moramanga où nous sommes logés et il y a encore toute la cuisine à
faire. Cela se passe sous un auvent, et on cuit au feu de bois dans
d'énormes marmites traditionnelles. Vers 21h45 on se met enfin à
table. Les étudiants sont vraiment adorables, ils nous servent
copieusement et avec une grande gentillesse. Certains d'entre eux
n'iront se coucher que vers minuit, pour se réveiller ensuite à 3h
afin de préparer le petit-déjeuner et le déjeuner.
Le lendemain, nous sommes sur le pied
de guerre à 5h pour aller visiter le parc national d'Andasibe.
Celui-ci est notamment célèbre pour ses indri-indri, l'espèce de
lémuriens les plus grands. Bien qu'y étant de bonne heure, nous
n'apercevrons qu'un couple une vingtaine de secondes sauter d'arbres
en arbres.
Puis, un car de touristes vazaha
pointant le bout de son nez, les guides ont très bien su écourter
notre visite de pas loin de 2h. Nous avons par conséquent tous été
un peu déçus puisque nous n'avons pas vu ni appris grand chose
durant la visite. En effet, notre guide s'est contenté de nous
montrer un escargot un peu plus gros que la moyenne, un palissandre,
le couple d'indri, un couple de coléoptères girafes, une ou deux
plantes médicinales et un serpent. En bref, de quoi mettre une note
exécrable sur TripAdvisor. Heureusement qu'il y avait M. Bearivelo
dans notre groupe pour rehausser le niveau en apportant des
informations !
L'après-midi, nous allons visiter le
musée de la gendarmerie de Moramanga, unique en son genre à
Madagascar. Il y a une partie en extérieur retraçant l'histoire des
transports à Madagascar (du palanquin à la « teuf teuf » !)
et toute une collection de canons des armées malgache, française et
britannique. Ensuite, nous découvrons une multitude d'objets issus
du patrimoine et des coutumes malgaches. Enfin, la dernière salle
est dédiée à l'histoire de Madagascar sous forme photographique
depuis la fin du 18ème siècle jusqu'à l'époque post-coloniale. Là
encore, M. Bearivelo fait preuve d'un grand professionnalisme grâce
à ses nombreuses anecdotes.
Même scénario le soir et le lendemain
matin, debout à 4h ! Il faut en fait partir le plus tôt
possible afin d'éviter une éventuelle pluie torrentielle à
l'arrivée à Tana. Au moins cette fois-ci pas de panne à signaler,
mais nous nous arrêtons très régulièrement pour faire une analyse
de la topographie de l'axe Moramanga-Tana. Plus personne ne tient
convenablement sur ses pieds, il faut réellement prendre sur soi
pour ne pas s'écrouler. Mais les étudiants tiennent bon et
continuent à prendre des notes pour leur rapport.
Nous arrivons chez nous à 13h
heureuses d'avoir passé de si bons moments avec nos étudiants.
Grâce à ce court séjour, nous avons appris à davantage les
connaître ainsi que leur culture. De plus, les trois professeurs
nous ont apporté des connaissances précieuses sur l'histoire
malgache, sur la biologie et la physique des territoires rencontrés.
Malgré le rythme très soutenu du voyage, tous ont toujours fait
preuve de sympathie, de joie de vivre et de courage :). Merci à eux.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire